Comment un Animé est Créé au Japon ? Apprenez-le avec SHIROBAKO !

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  • Se faire des marathons d’animés comme s’il n’y avait pas de lendemain ? Nous sommes beaucoup à le faire, adorant l’esthétique et l’histoire uniques des animés japonais.
    Mais avez-vous déjà imaginé tout le travail que cela nécessite pour faire ne serait-ce qu’une minute d’animé ? Et qui se trouve derrière vos animés favoris ?
    Nous avons déjà vu de nombreux documentaires sur les dessous des grands films avec le niveau insensé de travail et de dévouement qui est requis. Avec le monde de l’animation, vous n’avez encore rien vu !
    Une des meilleures et plus rapides façons de jeter un coup d’œil dans un studio d’animation est de regarder SHIROBAKO : un animé sur… Comment est fait un animé !

    Fait intéressant, à contrario des animés qui ont été produits à partir d’un manga déjà existant, Shirobako est un animé originalement scripté. Et de là, un manga et un roman ont vu le jour. De plus, un film d’animation est en cours de production pour une sortie prévue en 2020.

    Synopsis

    Comme beaucoup d’animés, Shirobako suit les aventures de cinq meilleures amies, Aoi Miyamori, Ema Yasuhara, Midori Imai, Shizuka Sakaki, et Misa Toudou avec un accent sur Miyamori qui emprunte une carrière de producteur d’animé. Ces cinq amies adorent tout ce qui est lié à cet univers et étaient même membre d’un club d’animation à l’école. Maintenant, elles sont toutes à Tokyo où elles se donnent corps et âme à leur passion pour pouvoir percer dans cette industrie.

    Aoi et Ema travaillent ensemble dans le prestigieux studio d’animation Musashino, Aoi en tant qu’assistante de production et Ema en tant qu’animatrice. En même temps, Shizuka Sasaki essaie de décrocher un rôle de doubleuse tout en étant serveuse pour subvenir à ses besoins. Misa Toudou, elle, est une artiste 3D. Enfin, Midori Imai est toujours étudiante à l’université et aspire à une carrière de scénariste.

    Que Veut dire Shirobako ?

    Le titre Shirobako veut littéralement dire “boîte blanche” en japonais, ce qui fait référence au fait que durant la création d’un animé, le travail des différentes équipes de production était transmis sur des cassettes VHS dans des boîtes blanches. Ils nous plongent dès le départ dans l’univers avec le jargon spécifique à l’industrie. Ces boîtes ne sont néanmoins plus utilisées de nos jours.

    Le Processus de Production d’Animé

    Comme nous suivons principalement Miyamori Aoi, nous avons une vue globale sur tout le processus de création car son métier veut qu’elle interagisse avec tous les membres participant : les scénaristes, les animateurs, les responsables d’images générées par ordinateur, directeurs, doubleurs, etc.

     

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    1. Pré-Production et Planification

    Comme nous le voyons dans l’animé, choisir une histoire pour en faire un animé est un processus ardu et très important. Cela implique de grandes responsabilités puisque c’est ici que vont être prises toutes les décisions majeures pour la suite du processus. C’est à ce moment que l’équipe de base ainsi que les différents moyens intervenant dans la diffusion sont décidés : les scénaristes, directeurs, réseaux télévisés et même la publicité.

    Dans Shirobako, nous voyons par exemple les problèmes de pré-production qui peuvent survenir quand un manga est adapté. Ce qui est la plupart du temps le cas au Japon.

    2. Scénario et Story-boarding

    Le scénario et les story-boards constituent la structure même d’un animé et la plupart des travaux créatifs commencent ici.
    Même quand le studio a l’entièreté de l’histoire, comme lorsqu’on adapte un manga, un roman ou un jeu vidéo, les scénaristes sont cruciaux pour écrire les dialogues et adapter l’histoire à l’écran.

    Les artistes s’occupant des story-boards sont tout aussi vitaux pour visualiser les scènes et le flow d’action dans l’animé. En effet, un animé japonais n’est pas statique et ressemble fortement à un film dans la manière dont il est tourné.

    Les story-boards sont vues par le directeur de l’animé et servent de lignes de conduite pour les décisions sous-jacentes que sont les transitions, les mouvements d’acteurs, les mouvements de caméra, les effets spéciaux ainsi que les effets sonores etc.

    Jetez un coup d’œil à la scène dans Shirabako où ils parlent en détail du rôle d’un directeur d’animé et comment il est lié à toute l’équipe de production, passant des heures et des heures à la création d’animé.

    Le mot “animation” signifie mettre quelque chose en mouvement, lui insuffler la vie, et c’est exactement ce qui se produit dans le processus de création d’un animé. Et tout cela peut ressembler à de la “magie” pour le non-initié.

     

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    Le directeur et l’équipe esquissent les images et simulent les mouvements en utilisant des ordinateurs et des programmes d’animation avancés. Il y a de plus en plus de dessins et effets générés par ordinateur, mais les images dessinées à la main sont toujours très précieuses dans l’industrie.

    L’animation majeure est appelée animation clef, tandis que l’animation entre l’animation clef s’occupe de l’arrière plan et des mouvements mineurs pour assurer une animation douce et naturelle.

    4. Tournage et Post-Production

    C’est à ce moment que tous les éléments sont réunis pour que l’histoire prenne vie ! Et tout ce qui se situe après cette étape est appelé post-production. La plus connue des étapes de post-production et le montage sonore, pour ajouter les effets sonores, la musique ainsi que la voix des acteurs ! Les comédiens sont au Japon de très grandes célébrités et ont le salaire le plus élevé dans le milieu de l’animation. Un peu à la manière d’un film finalement, où les acteurs sont généralement très bien payés également comparé au reste de l’équipe.

    La Partie Obscure du Monde de l’Animation

    Shirobako n’est pas seulement fait de guimauve où tout est rose et présentant une image d’une machinerie bien huilée. Mais est plutôt très lucide, et nous permet de nous ouvrir les yeux sur bon nombre de noires réalités méconnues du public.

    Des conflits internes en passant par les clashs d’égo de directeurs, écrivains etc. à la plus triste des réalités, des animateurs très souvent payés au lance pierre qui peuvent à peine se nourrir. Très souvent affamés en enchaînant les heures tels des esclaves et développant problèmes de santé en tout genre, les animateurs ne bénéficient que très rarement du succès dont fait preuve l’animé pour lequel ils sont en train de travailler. Avec une prise de conscience générale, Les fans se sont mis à faire des donations directement aux créateurs et ont su apporter certains systèmes comme le crowdsourcing pour louer une maison où les animateurs peuvent vivre, ce qui ne supprime néanmoins pas les problèmes de cette industrie.

    Shirobako nous montre aussi les problèmes de santé liés au stresse de toute l’équipe de production, l’isolement des animateurs en free-lance, les problèmes des créateurs autistes ainsi que tous les créateurs souffrant de divers troubles mentaux. Cela nous montre à quel point le travail de certain est souvent dévalué ou comment un problème de compréhension sur le rôle des autres de la part d’un membre de la production peut détruire le travail durement mené par quelqu’un, juste pour un changement de dernière minute.

    À la fin, le message délivré par l’animé et que créer quelque chose d’aussi important en vaut la peine.

    L’animation japonaise est une des meilleures et des plus célèbres dans le monde avec une fan base grandissante de jour en jour. Même en période de crise au Japon, l’industrie du divertissement (dans laquelle l’animation a une part importante) a montré une croissance positive, ce qui prouve une demande constante. Cependant, les problèmes financiers que les créateurs rencontrent persistent. Peut-être que ce que Shirobako met en lumière pourrait résoudre une partie des problèmes ?

    Si vous voulez savoir comment un manga est fait, il y a également un animé et un manga ! BAKUMAN, racontant l’histoire d’un duo d’illustrateur et d’un écrivain essayant de percer dans cette industrie à très faible débouchée. Écrit par les mêmes créateurs que l’incontournable DEATH NOTE, Bakuman est un culte parmi les amoureux de mangas et d’animés. Et quelle meilleure façon que d’en apprendre davantage sur ce monde par les personnes qui ont gravi les échelons ?